Les papes et Marseille
Les papes et Marseille.
« On n’avait jamais vu non plus l’abbé de Marseille devenir pape ! »Le 22 et 23 septembre 2023 resteront à jamais gravés dans les annales de Marseille, car c'est à cette date que le Saint-Père, le pape François, a honoré de sa présence cette cité méditerranéenne. Ce voyage papal avait pour cadre une réunion des évêques de la Méditerranée, un moment de réflexion et d'échange sur les enjeux spirituels et sociaux de cette région si riche en histoire et en diversité.
Ce n'est toutefois pas la première fois qu'un pape pose le pied dans cette cité bénie par la "Bonne Mère". Le lien entre Marseille et la papauté remonte aux temps anciens, notamment avec la figure éminente du pape Guillaume Grimoard. Né en 1310 au Château de Grizac en Lozère, ce fils de la région devait devenir l'un des papes français et languedociens lors de la papauté d'Avignon.
Après des années d'études approfondies en droit, Guillaume Grimoard rejoignit l'ordre des bénédictins au prieuré du monastère de Chirac. Plus tard, il fit sa profession monastique à Marseille, dans le cadre de la congrégation victorine de la ville. Durant son parcours de formation, il perfectionna également ses connaissances universitaires. Sa passion pour le droit canon le conduisit à devenir docteur ès domès en 1342 après une soutenance mémorable à Montpellier.
La vie de ce saint homme fut marquée par de nombreuses missions et responsabilités ecclésiastiques. Il fut nommé prieur au diocèse d'Auxerre en 1352 par le pape Clément VI. Plus tard, il devint abbé de Saint-Victor, l'illustre abbaye marseillaise, sous le pontificat d'Innocent VI.
Le 28 septembre 1362, Guillaume Grimoard fut élu pape à la suite d'un conclave mouvementé. Il prit le nom d'Urbain V en référence à son attachement aux villes et à la sainteté des papes portant ce nom. Son règne fut marqué par son amour pour la nature et ses efforts pour agrandir les jardins du palais des papes d'Avignon, désireux de retrouver l'environnement verdoyant de sa région natale.
En janvier 1363, par souci de sécurité, Urbain V lança les travaux de fortification de l'abbaye Saint-Victor de Marseille. Deux ans plus tard, il retourna à Marseille pour bénir ces nouvelles fortifications et consacrer le nouvel autel.
Enfin, en avril 1367, Urbain V tint sa promesse de retourner à Rome malgré les pressions extérieures. Son périple le mena à Marseille, où il fut chaleureusement accueilli par une flotte venue de diverses régions, symbolisant l'unité autour du Saint-Siège. Il quitta Marseille le 19 mai 1367 pour poursuivre son voyage vers Rome.
Au terme de profondes réflexions, le Saint-Père, accablé par les lourds fardeaux qui pèsent sur les épaules de la chaire pontificale, prit la décision solennelle de faire retour, en un acte qui ne manquera point d'attirer l'attention du monde chrétien tout entier, aux auspices d'Avignon.
En cette année de grâce 1370, le 19 décembre, alors que la douce lumière de la foi guidait toujours son âme tourmentée, le Saint-Père, Urbain V, se tint au seuil de l'éternité à Avignon. Le pape, affligé par la maladie de la pierre, livra son dernier souffle dans la Livrée de son frère, un lieu qui avait été témoin de tant de prières et de sollicitations divines.
Après son dernier soupir terrestre, son corps fut d'abord confié à la terre sacrée d'Avignon, dans le sein de Notre-Dame des Doms, où il reposa dans l'attente du jour de la résurrection, cette espérance chrétienne qui éclaire le chemin des fidèles.
Mais les dernières volontés du pontife étaient claires, empreintes de simplicité et d'humilité. Tel un humble serviteur du Christ, il exprima le désir que sa dépouille mortelle ne connût pas les fastes ni les ors de la sépulture, mais plutôt l'humilité des pauvres. Ainsi fut accompli son vœu pieux : son corps, tel celui des plus modestes parmi les fidèles, fut enseveli à même la terre, en un geste de renoncement à la vanité terrestre.
Puis, le 31 mai 1372, en accord avec les dernières volontés du saint homme, sous la sage direction de son frère en Christ, le cardinal Anglicus, les restes du pape Urbain V furent exhumés du tombeau de la cathédrale avignonnaise. C'est dans une atmosphère solennelle que cette sainte translation fut accomplie, symbole de la continuité spirituelle et de la fidélité à la foi chrétienne.
Le 4 juin 1372, jour béni, la dépouille du vénérable pape fut accueillie avec respect et émotion par l'abbé Étienne Aubert, Recteur du Comtat, et le cardinal Guy de Boulogne. C'est alors que résonnèrent les paroles d'un éloge funèbre, empreintes de piété et de reconnaissance envers ce saint homme qui avait guidé l'Église en des temps troublés.
Dans le sein de l'abbaye Saint-Victor, dont il avait été le gardien spirituel, son tombeau, de style gothique flamboyant, fut érigé avec solennité. Hélas, les vicissitudes du temps ont emporté cette œuvre sacrée, mais la mémoire du Saint-Père Urbain V demeure vivante dans le cœur des croyants.
Ainsi, son humble sépulture à Marseille, symbole de la simplicité et de la foi profonde de cet homme de Dieu, rappelle à tous les fidèles que la grandeur de l'âme transcende la grandeur terrestre, et que la foi en Christ est le chemin vers l'éternité.
La vie de bienheureux Urbain V fut marquée par un zèle inlassable pour l'expansion de la foi chrétienne aux quatre coins du monde connu. Au cœur de son pontificat, il posa les fondations d'un élan missionnaire qui perdura à travers les siècles.
L'âme du Saint-Père Urbain V était empreinte d'une ardente charité pour les âmes lointaines. Il porta un regard bienveillant sur les îles Canaries, un territoire lointain et méconnu à l'époque. Sous sa houlette spirituelle, il favorisa l'envoi de missionnaires vers ces contrées insulaires, illuminant ainsi ces terres éloignées de la grâce divine.
Mais son zèle missionnaire ne s'arrêta pas là. Lorsque le premier évêché de Pékin, nommé Khanbalik à l'époque, fut érigé par Jean XXII, Urbain V entreprit de le redresser et d'y propager la lumière de l'Évangile. Il confia cette noble tâche à Guillaume de Prato, accompagné de douze frères mineurs, envoyant ainsi ces disciples du Christ vers les terres lointaines de l'Extrême-Orient.
Loin de se limiter à ces efforts missionnaires, Urbain V étendit son regard bien au-delà des frontières de l'Europe. Les terres lointaines et exotiques étaient pour lui autant de terres d'évangélisation à conquérir. Ainsi, il encouragea l'envoi de missionnaires en des contrées telles que la Dalmatie, la Moldavie, la Valachie, la Bulgarie, la Crète, l'Arménie, la Scythie, la Russie, la Scandinavie et l'Afrique du Nord. Partout où l'obscurité spirituelle prévalait, Urbain V faisait briller la lumière de la foi.
Sa vie dévouée à la propagation de la parole divine et à la conversion des âmes lui valut une place bien méritée sur les autels de l'Église catholique. En 1870, sous le pontificat de Pie IX, Urbain V fut béatifié, élevant ainsi son nom au rang de bienheureux. Sa mémoire est honorée par l'Église catholique le 19 décembre de chaque année, rappelant aux fidèles l'importance de l'évangélisation et du zèle missionnaire dans la foi chrétienne.
Le pape Urbain V reste une figure majeure de l'Église et de l'histoire de Marseille, laissant derrière lui un héritage spirituel et un amour pour la nature qui continuent d'inspirer les générations futures.
L'âme du Saint-Père Urbain V était empreinte d'une ardente charité pour les âmes lointaines. Il porta un regard bienveillant sur les îles Canaries, un territoire lointain et méconnu à l'époque. Sous sa houlette spirituelle, il favorisa l'envoi de missionnaires vers ces contrées insulaires, illuminant ainsi ces terres éloignées de la grâce divine.
Mais son zèle missionnaire ne s'arrêta pas là. Lorsque le premier évêché de Pékin, nommé Khanbalik à l'époque, fut érigé par Jean XXII, Urbain V entreprit de le redresser et d'y propager la lumière de l'Évangile. Il confia cette noble tâche à Guillaume de Prato, accompagné de douze frères mineurs, envoyant ainsi ces disciples du Christ vers les terres lointaines de l'Extrême-Orient.
Loin de se limiter à ces efforts missionnaires, Urbain V étendit son regard bien au-delà des frontières de l'Europe. Les terres lointaines et exotiques étaient pour lui autant de terres d'évangélisation à conquérir. Ainsi, il encouragea l'envoi de missionnaires en des contrées telles que la Dalmatie, la Moldavie, la Valachie, la Bulgarie, la Crète, l'Arménie, la Scythie, la Russie, la Scandinavie et l'Afrique du Nord. Partout où l'obscurité spirituelle prévalait, Urbain V faisait briller la lumière de la foi.
Sa vie dévouée à la propagation de la parole divine et à la conversion des âmes lui valut une place bien méritée sur les autels de l'Église catholique. En 1870, sous le pontificat de Pie IX, Urbain V fut béatifié, élevant ainsi son nom au rang de bienheureux. Sa mémoire est honorée par l'Église catholique le 19 décembre de chaque année, rappelant aux fidèles l'importance de l'évangélisation et du zèle missionnaire dans la foi chrétienne.
Le pape Urbain V reste une figure majeure de l'Église et de l'histoire de Marseille, laissant derrière lui un héritage spirituel et un amour pour la nature qui continuent d'inspirer les générations futures.
Clément VII marie sa nièce Catherine de Médicis à Marseille
Deux siècles plus tard, un autre pape, Clément VII, foula les rives de Marseille pour célébrer le mariage de Henri d'Anjou et Catherine de Médicis. Cette union scella une alliance diplomatique entre le pape et le roi de France, François Ier, dans un contexte de rivalité avec l'empereur Charles Quint. La somptueuse cérémonie de mariage, tenue dans l'église Saint-Ferréol, fut marquée par la présence du pape et du roi, symbolisant ainsi la puissance de leur alliance.
Le séjour du pape Clément VII à Marseille fut également l'occasion d'échanges de cadeaux somptueux, témoignant de la richesse et de la grandeur de cette époque. Cependant, malgré les espoirs qu'avait suscités cette alliance, la politique changeante du successeur de Clément VII mit fin aux rêves de François Ier de reconquérir l'Italie.
Finalement, cette visite papale eut des répercussions inattendues dans l'histoire de France, en plaçant Catherine de Médicis dans une position singulière en tant que reine mère aux côtés de ses fils qui deviendraient rois.
Le futur Jean Paul II à Notre Dame de la Garde
En ce siècle béni où l'art de la photographie a éclos telle une rose dans les jardins de la modernité, nous découvrons avec une joie ineffable que Notre Dame de la Garde, majestueuse sentinelle de la foi, est témoin d'un événement prophétique. Car, en vérité, une image capturée par la grâce de la technique vaut bien plus qu'un discours interminable, et elle nous transporte à une époque où la destinée de l'Église était tracée par la main divine:
"Il voulait venir à Marseille pour connaître de près l’aventure des prêtres- ouvriers. Son objectif était de rencontrer l’équipe des prêtres-dockers du port de Marseille, ce qu’il fit le 7 juillet 1947. Il avait entendu parlé du Père Jacques Loew, un dominicain, qui depuis 1942, travaillait comme docker. En 1945, Mgr Delay, évêque de Marseille, lui avait confié avec quelques prêtres et religieux, la paroisse Saint-Louis à la Cabucelle, au nord de Marseille. L’originalité de ce projet se situait dans l’union recherchée entre vie paroissiale et vie missionnaire en milieu ouvrier." discours pour l'inauguration de la plaque par Monseigneur Di Falco, évêque de Gap, le 21 octobre 2007
Catherine de Médicis a épousé le futur roi Henri II il y a 485 ans (parismatch.com)
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