25 mars 1914 : Mistral s’endormait, la Provence restait debout
25 mars 1914 : Mistral s’endormait, la Provence restait debout
L’hydravion d’Henri Fabre sur l’étang de Berre, c’est provençal, mais pas catholique.
Il a donné un Nobel à la Provence avant même que la France ne s’en rende compte.
Résumé provençal
Lou 25 de març 1914, a Malhana, s’amudissiá Frederic Mistral. Prèmi Nobel de literatura en 1904, foguèt lo promier Nobel francés e lo promier premiat per una òbra escricha en lenga regionala. Amb Mirèio e lou Felibrige, foguèt lo grand artisan dau renaissement provençau e occitan.
Article
Le 25 mars 1914, à Maillane, le vieux lion s’éteint.
Pas à Paris.
Pas dans une académie dorée.
Chez lui. En Provence. Avec le mistral qui passe entre les cyprès.
Frédéric Mistral, c’était pas un poète d’ornement. C’était un homme debout. Un homme qui a pris une langue qu’on appelait “patois” et qui en a fait une langue couronnée.
Quand il publie Mirèio en 1859, il ne cherche pas le scandale. Il raconte une histoire d’amour. Mireille, fille de riches propriétaires, amoureuse d’un vannier pauvre. Tragédie simple, oui. Mais derrière ? Toute la Provence.
La Crau. Les Alpilles. Les pèlerinages. Les chants. Les colères.
La langue qui roule comme une rivière d’été.
Lamartine comprend tout de suite. Il parle de chef-d’œuvre.
Et en 1904, le monde entier reconnaît ce que la Provence savait déjà : Mistral reçoit le prix Nobel de littérature.
Premier Nobel français.
Et pour une œuvre écrite en langue régionale.
Tu mesures la portée ? À une époque où l’État centralise, uniformise, impose le français comme seule langue légitime, Mistral prouve qu’une langue régionale peut porter l’universel.
Avec le Félibrige, fondé en 1854, il organise le renouveau. Il codifie. Il publie. Il rassemble. Il écrit le Trésor du Félibrige, dictionnaire immense, presque biblique, pour sauver les mots du dessèchement.
Il ne voulait pas séparer la Provence de la France.
Il voulait que la Provence ne disparaisse pas dans la France.
Et quand il meurt, quelques mois avant la Grande Guerre, c’est comme si une Provence du XIXe siècle s’éteignait avec lui. La guerre va emporter une génération. Les villages vont se vider. Les langues vont reculer.
Mais grâce à lui, le provençal n’est plus un murmure honteux.
C’est une langue qui a été portée au sommet du monde.
Et ça, personne ne pourra l’effacer.
Importance dans le renouveau occitan et provençal
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Cofondateur du Félibrige (1854).
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Normalisation et codification du provençal.
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Publication du Trésor du Félibrige, dictionnaire monumental.
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Réhabilitation culturelle des langues d’oc au XIXe siècle.
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Influence durable sur l’ensemble du mouvement occitaniste.
Points importants (English)
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Frédéric Mistral died on March 25, 1914, in Maillane (Provence).
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He was the first French Nobel Prize laureate in Literature (1904).
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He was the first Nobel laureate awarded for a work written in a regional language.
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His poem Mirèio (1859) celebrates Provençal life and language.
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He co-founded the Félibrige movement to revive Provençal/Occitan.
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He authored the Trésor du Félibrige, a major Provençal dictionary.
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He played a central role in the 19th-century Occitan cultural renaissance.
Note culturelle
Le Nobel de 1904 fut partagé avec l’écrivain espagnol José Echegaray. Le comité Nobel salua chez Mistral « la fraîcheur originale et la vraie inspiration de sa production poétique, qui reflète fidèlement le paysage naturel et l’esprit de son peuple ».
C’est peut-être la phrase la plus juste :
il a reflété l’esprit de son peuple.
Sources
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Comité Nobel, discours de 1904
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Mirèio, édition originale 1859
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Trésor du Félibrige
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Archives du Félibrige
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Études sur le renouveau occitan (XIXe siècle)
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