🌾 Giono ressuscite à Manosque : un livre inédit et le retour du Paraïs
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🌾 Giono ressuscite à Manosque : un livre inédit et le retour du Paraïs
Résumé en provençal
A Manòsca, lou Paraïs de Joan Giono torna dubrir après fòrça trabalhs. Au meteis temps, un libre inedit embé lo fotografe Hans Silvester foguèt publicat setanta ans après sa creacion.
📖 Article
L’année 2026 prend des allures de renaissance pour Jean Giono. À Manosque, le Paraïs — sa célèbre maison perchée sur les hauteurs de la ville — rouvrira officiellement ses portes au public ce printemps après plusieurs années de restauration. Mais cette réouverture s’accompagne aussi d’un autre événement inattendu : la publication d’un ouvrage inédit associant Giono au photographe Hans Silvester.
Comme si toute une Provence littéraire longtemps endormie recommençait soudain à refaire surface.
Fermé depuis 2023 pour d’importants travaux, le Paraïs a bénéficié d’une vaste restauration destinée à préserver ce lieu devenu presque mythique pour les amoureux de littérature provençale. Maison d’écriture, refuge méditerranéen et observatoire des collines de Haute-Provence, le Paraïs reste profondément lié à l’univers de Giono : cyprès, pierres blondes, lumière sèche, odeur de terre chaude et silence traversé par le mistral.
La réouverture officielle, prévue autour du 23 mai 2026, permettra au public de redécouvrir les pièces où furent écrits Le Hussard sur le toit, Que ma joie demeure ou encore Les Âmes fortes.
Mais l’autre surprise vient des marais camarguais.
Cette année paraît enfin Camargue, un livre longtemps resté inédit réunissant des photographies prises par Hans Silvester à la fin des années 1950 et un texte écrit par Giono lui-même. L’histoire ressemble à un roman.
En 1957, Hans Silvester, alors jeune photographe allemand passionné de chevaux, descend à vélo vers la Camargue après ses études à Fribourg. Il y découvre un territoire encore sauvage : chevaux blancs, gardians silencieux, taureaux noirs, étangs balayés par le vent.
Un éditeur accepte alors son projet à une seule condition : obtenir une préface de Jean Giono.
Contre toute attente, Giono accepte immédiatement. Fasciné par cette Camargue brute et presque biblique, il rédige un texte poétique pour accompagner les images. Mais le projet éditorial finit par disparaître dans les difficultés financières et les oublis du temps.
Il aura fallu près de soixante-dix ans pour que le livre voie enfin le jour aux éditions Perles rares.
Ce double événement — réouverture du Paraïs et publication de Camargue — donne aujourd’hui le sentiment étrange que Giono revient peu à peu dans la mémoire vivante de la Provence. Non comme une simple figure scolaire, mais comme un écrivain encore profondément lié à la terre méridionale.
Car chez Giono, la Provence n’est jamais décorative. Elle reste une force vivante : collines austères, violence du vent, solitude des hommes, bêtes, lumière et silence.
Et peut-être est-ce cela qui touche encore aujourd’hui : cette capacité à faire d’un paysage provençal quelque chose de presque cosmique.
🏺 Note culturelle
Le Paraïs n’est pas seulement une maison d’écrivain. Pour beaucoup de Provençaux, il représente une sorte de sanctuaire littéraire méridional. Quant à Camargue, il rappelle combien la Provence du XXe siècle fut aussi un immense laboratoire artistique mêlant photographie, littérature et mémoire des paysages.
Points importants en anglais
- Jean Giono’s house “Le Paraïs” reopens in Manosque in 2026.
- An unpublished book by Giono and photographer Hans Silvester has been released.
- The project began in Camargue in the late 1950s.
- The book combines photography and poetic prose.
- These events renew interest in Giono’s Provençal legacy.
Sources
- La Provence — Thomas Duboz
- Centre Jean Giono
- Éditions Perles rares
- Ville de Manosque
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