🚋 Marseille de station en station – T2 (9/15) : Canebière Capucins, au kilomètre zéro de Marseille

 

Cours Saint-Louis, bouquetières et rue de Rome : le carrefour d’où Marseille compte ses rues et ses distances

Série : Marseille de station en station
Ligne : Tramway T2
Étape : 9 sur 15
Station : Canebière Capucins
Quartiers : Noailles et Belsunce, 1er arrondissement



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🌿 Resumit en prouvençau

A Canebiero-Capucin, sian gaire mai luen de Noailles, mai lou regard cambio. Aqui, au crousamen de la Canebiero, dóu cours Sant-Louïs e dóu cours Belsunce, se trobo lou poun zero de Marsiho. Es d’aqui que se calculon li distanço entre Marsiho e lis àutri vilo, e que se counsidero lou coumençamen dóu numeroutage di carriero.

Lou cours Sant-Louïs fuguè tambèn lou reiaume di bouquetiero. Au siècle XIX, dès-e-vue pavihoun de founto, dessenha pèr Pascal Coste, vendien de flour souto lis aubre. Lis artista de passage venien meme croumpa uno roso pèr porto bono fourtuno. D’aqui parte tambèn la carriero de Roumo, un di grand camin que menon dóu couer de Marsiho vers lou miejour de la vilo.

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📝 Article

La distance entre Noailles et Canebière Capucins est minuscule. Quelques dizaines de secondes de tramway suffisent. Pourtant, il serait dommage de considérer cette neuvième étape comme une simple répétition de la précédente.

À Noailles, nous avons regardé vers les petites rues, les commerces et la transformation sociale du quartier. À Canebière Capucins, il faut au contraire se placer au milieu du carrefour et regarder dans toutes les directions.

Vers l’ouest, la Canebière descend au Vieux-Port.

Vers le nord, le cours Belsunce conduit vers la Porte d’Aix.

Vers le sud, le cours Saint-Louis devient la rue de Rome et file jusqu’à Castellane, puis vers le Prado.

Vers l’est commencent Noailles, la rue d’Aubagne et les quartiers qui remontent vers la Plaine.

Ce n’est donc pas un hasard si Marseille a choisi précisément cet endroit comme point zéro.

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🎯 Le kilomètre zéro de Marseille

À l’intersection de la Canebière, du cours Belsunce et du cours Saint-Louis se trouve le point à partir duquel Marseille mesure traditionnellement ses distances.

Depuis 1927, ce carrefour constitue le point zéro de la ville. Il sert de référence pour mesurer les distances entre Marseille et les autres villes françaises et pour établir le point de départ de la numérotation des voies marseillaises.

Le détail peut paraître administratif. Il est pourtant très révélateur.

Lorsqu’une ville décide où placer son zéro, elle choisit symboliquement son centre.

Marseille aurait pu retenir le Vieux-Port, l’Hôtel de Ville ou la gare Saint-Charles. Elle a finalement fixé son repère à cet endroit où plusieurs des grands axes historiques se croisent.

Le carrefour fonctionne presque comme une rose des vents urbaine.

On peut y commencer une promenade vers le port, les quartiers nord, Longchamp, la Plaine ou Castellane sans avoir parcouru plus de quelques mètres.

C’est aussi ce qui explique la densité de transports qui s’y est accumulée au fil des générations : anciens tramways, autobus, tramways modernes et métro à proximité immédiate.

Canebière Capucins n’est finalement pas seulement une station.

C’est l’un des endroits où Marseille se mesure elle-même.

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🌳 Du Grand Cours au cours Saint-Louis

Pour comprendre la forme étrange du carrefour, il faut revenir au grand agrandissement de Marseille décidé sous Louis XIV en 1666.

La ville sort alors de ses anciennes limites. Un vaste « Cours » est aménagé comme promenade urbaine, à l’image de ce qui existe notamment à Aix-en-Provence. Le cours Belsunce et le cours Saint-Louis actuels sont les héritiers de cet aménagement baroque. Le projet conserve même quelque chose des ambitions présentées à l’époque par Pierre Puget pour donner à la nouvelle Marseille de grandes perspectives monumentales.

Au XIXᵉ siècle, l’élargissement de la rue de Noailles transforme profondément l’ensemble. Les espaces qui formaient autrefois le Grand Cours se distinguent davantage en cours Belsunce et cours Saint-Louis.

Le cours Saint-Louis reste très court, environ quatre-vingts mètres, mais sa position lui donne une importance disproportionnée.

Il relie directement la Canebière à la rue de Rome.

Ainsi, le petit cours se trouve à la jonction entre deux grandes logiques de Marseille : l’axe est-ouest de la Canebière, tourné vers le port, et le grand axe nord-sud conduisant vers les nouveaux quartiers du XIXᵉ siècle.

La ville moderne s’est construite autour de cette croix.

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💐 Les bouquetières : quand le cours Saint-Louis était couvert de fleurs

Pendant plus d’un siècle, le cours Saint-Louis possédait une image que les photographies anciennes permettent encore de restituer.

Des fleurs partout.

Les marchandes de fleurs, que l’on appelait volontiers les bouquetières, étaient autrefois installées sur le Grand Cours. Lorsqu’elles sont déplacées vers le cours Saint-Louis, elles demandent à la municipalité des installations plus élégantes que de simples tréteaux.

La Ville accepte.

En 1847, l’architecte marseillais Pascal Coste dessine dix-huit petits pavillons en fonte, neuf de chaque côté du cours. Pendant plus de cent vingt ans, ces kiosques deviennent l’un des décors les plus caractéristiques du centre de Marseille.

Il faut imaginer l’endroit tôt le matin.

Les voitures de tramway passent à proximité, les commerces ouvrent, les voyageurs gagnent la Canebière et les bouquetières disposent roses, œillets, violettes et bouquets devant leurs kiosques.

La tradition perdure jusqu’en 1968, date à laquelle les pavillons disparaissent presque tous.

Presque.

Un souvenir a traversé le temps.

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🎭 Note culturelle : « La Quique », Gaby Deslys et la rose porte-bonheur

Parmi les bouquetières du cours Saint-Louis se trouvait Joséphine Nicoli, née Roux.

Elle tient le kiosque numéro 13 à partir de 1885.

L’histoire aurait pu rester celle d’une marchande de fleurs parmi beaucoup d’autres si une vedette marseillaise n’était pas intervenue.

En 1918, Gaby Deslys, devenue une star internationale du music-hall, engage Joséphine pour vendre des fleurs au Grand Casino où elle se produit avec le danseur Harry Pilcer. C’est Gaby Deslys qui lui aurait donné le surnom de « La Quique ».

Le kiosque acquiert ensuite une réputation étonnante.

Les artistes en représentation à Marseille viennent y acheter une rose porte-bonheur avant de monter sur scène.

La Ville cite une liste qui ressemble presque à une histoire du spectacle français : Mistinguett, Maurice Chevalier, Vincent Scotto, Alibert, Marcel Pagnol, Raimu, Charles Trenet, Tino Rossi, Luis Mariano ou Édith Piaf sont associés à cette tradition.

Le dernier témoignage des anciens pavillons conserve encore le nom de « La Quique ».

Une toute petite architecture peut ainsi contenir une part étonnante de la mémoire culturelle marseillaise.

Entre les fleurs et les théâtres de la Canebière, le lien était finalement naturel.

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🛣️ La rue de Rome : du kilomètre zéro vers le sud

Depuis le cours Saint-Louis commence l’un des grands axes de Marseille : la rue de Rome.

Aujourd’hui, elle apparaît d’abord comme une rue commerçante, parcourue par le tramway et particulièrement fréquentée pour la mode, les chaussures et les commerces populaires. Mais sa géographie est beaucoup plus ambitieuse.

La rue s’inscrit dans un immense axe nord-sud allant de la Porte d’Aix jusqu’aux quartiers méridionaux. L’Office de tourisme décrit cet ensemble continu comme un parcours d’environ 6,2 kilomètres jusqu’à l’obélisque de Mazargues.

Louis XIV avait déjà souhaité créer un grand axe reliant la Porte d’Aix à la Porte de Rome. Au XVIIIᵉ siècle puis au XIXᵉ, son prolongement accompagne l’expansion de Marseille vers Castellane et le Prado.

Le cours Saint-Louis fonctionne donc comme une articulation.

D’un côté, la vieille ville et le port.

De l’autre, la Marseille qui s’étend vers le sud.

Lorsque la ligne T3 est ouverte en 2015, elle ne fait finalement que réutiliser cette logique ancienne : depuis le centre, le tramway s’engage par le cours Saint-Louis et la rue de Rome vers Castellane.

Les moyens de transport changent.

Les grands axes, eux, survivent.

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🚋 Une station relativement jeune sur une voie très ancienne

La station Canebière Capucins est beaucoup plus récente que le quartier.

Elle ouvre le 30 mai 2015, au moment de la mise en service de la ligne T3 vers Castellane. Une nouvelle station est alors créée sur la T2 afin d’organiser la rencontre des deux lignes dans ce secteur central.

Le choix du nom réunit deux éléments particulièrement marseillais.

Canebière, parce que la station se trouve sur l’avenue emblématique.

Capucins, parce que l’ancien couvent et le marché voisin ont durablement fixé ce nom dans la géographie locale.

La station se trouve aussi à quelques pas de la station Cours Saint-Louis de la T3.

Ce voisinage montre bien la complexité du carrefour : plusieurs stations très proches desservent en réalité des axes différents.

Pour le voyageur pressé, ce ne sont que des correspondances.

Pour celui qui regarde la ville, c’est l’héritage de trois siècles d’urbanisme.

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👀 Un carrefour à regarder plutôt qu’une collection de monuments

Canebière Capucins se visite mieux en restant quelques minutes au même endroit qu’en courant d’un monument à l’autre.

Depuis le carrefour, il faut d’abord chercher le point zéro, puis regarder la perspective de la Canebière jusqu’au Vieux-Port. En tournant simplement la tête, le cours Belsunce ouvre l’axe vers la Porte d’Aix tandis que le cours Saint-Louis annonce la longue rue de Rome.

Les anciennes cartes postales permettent ensuite de replacer mentalement les kiosques des bouquetières sous les arbres.

Un détour de quelques pas mène également vers Noailles et ses commerces, que nous avons explorés lors de l’étape précédente.

Ce petit espace constitue ainsi l’un des rares endroits où l’on peut comprendre presque immédiatement la construction du centre de Marseille.

La géographie parle d’elle-même.

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🏙️ Le centre n’est pas forcément là où se trouve l’Hôtel de Ville

Cette station pose finalement une question amusante : où est le véritable centre de Marseille ?

Administrativement, l’Hôtel de Ville se trouve au Vieux-Port.

Historiquement, le port constitue évidemment le cœur originel.

Mais pour les déplacements terrestres et l’organisation de la ville moderne, le carrefour Canebière, Belsunce et Saint-Louis possède des arguments sérieux.

C’est là que Marseille a placé son zéro.

C’est là que se croisent plusieurs de ses grands axes.

C’est là aussi que se rencontrèrent pendant des générations voyageurs, commerçants, artistes, bouquetières et tramways.

Le centre d’une ville ne se résume pas toujours à son bâtiment officiel.

Parfois, il se trouve simplement au point où tout commence.

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📚 Pour aller plus loin

🔗 Noailles : du tramway souterrain au cœur
Pour retrouver l’histoire ferroviaire du quartier voisin, du tunnel de l’Est-Marseille au célèbre tramway 68.

🔗 Réformés-Canebière : là où commence la grande avenue
Pour remonter la Canebière jusqu’à son extrémité haute et retrouver les anciennes allées de Meilhan.

🔗 Quatre églises marseillaises entrent dans le patrimoine protégé
À quelques rues du cours Saint-Louis, la Trinité-La Palud rappelle l’histoire religieuse et la transformation de l’ancien quartier de Noailles.

🔗 Marseille Royale (3) : Henri II et Catherine de Médicis
Pour retrouver la Marseille royale et Catherine de Médicis, liée quelques décennies plus tard à l’histoire des Capucins du quartier.

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🚋 Marseille de station en station : tramway T2

T2 : La Blancarde → Arenc Euroméditerranée

1. La Blancarde
2. Foch Boisson
3. Foch Sakakini
4. Cinq Avenues
5. Palais Longchamp
6. Longchamp National
7. Réformés Canebière
8. Noailles
9. Canebière Capucins ← nous sommes ici
10. Belsunce Alcazar
11. Sadi Carnot
12. République Dames
13. Joliette
14. Euroméditerranée Le Silo
15. Arenc Euroméditerranée

Parcours et dénominations de référence : réseau RTM depuis 2026.

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▶️ Prochaine station : Belsunce Alcazar

Étape 10 sur 15
Publication prévue : 12 juillet 2029

À la prochaine station, nous n’aurons parcouru que quelques centaines de mètres, mais nous changerons encore une fois d’univers.

Belsunce Alcazar permettra de raconter le Grand Cours, autre moitié de l’ancienne promenade baroque, la mémoire de Mgr de Belsunce pendant la peste de 1720, mais surtout l’extraordinaire destin de l’Alcazar.

D’abord café-concert et temple du music-hall marseillais, l’Alcazar accueillit pendant plus d’un siècle artistes, chanteurs et vedettes populaires avant de fermer.

À son emplacement s’élève aujourd’hui la grande bibliothèque municipale.

Après les fleurs du cours Saint-Louis, nous entrerons donc pleinement dans le Marseille du spectacle.

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📚 Sources

🔗 Office de tourisme de Marseille : cours Belsunce et cours Saint-Louis
Pour le Grand Cours, le point zéro de Marseille et l’histoire du carrefour.

🔗 Office de tourisme de Marseille : balade à la découverte de Noailles
Pour le point zéro établi en 1927, la numérotation des rues et le prolongement vers la rue de Rome.

🔗 Ville de Marseille : Marseille au temps des bouquetières
Pour les dix-huit kiosques construits en 1847 par Pascal Coste et l’histoire de « La Quique ».

🔗 Musées de Marseille : Pierre Puget, des rues du Panier à la reconnaissance publique
Pour le grand projet urbain de 1666 et les origines du cours Belsunce et du cours Saint-Louis.

🔗 Office de tourisme de Marseille : la rue de Rome et les quartiers commerçants
Pour l’importance commerciale contemporaine de la rue de Rome.

🔗 Marseille Transports : ligne T2
Pour la création de la station Canebière Capucins lors de la mise en service de la T3 en 2015.

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Avez-vous connu les kiosques à fleurs du cours Saint-Louis, ou entendu vos parents et grands-parents parler des bouquetières ? Saviez-vous que ce carrefour constitue le kilomètre zéro de Marseille ?

Et si vous deviez choisir vous-même le véritable centre de la ville, placeriez-vous le point zéro ici, au Vieux-Port ou ailleurs ?

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🚋 Prochaine étape : Belsunce Alcazar, le 12 juillet 2029.


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