Saint-Cyr-sur-Mer : l’enfant martyr, Tauroentum et les vignes face à la mer
Une villa romaine, des moines de Saint-Victor, les Lecques et une petite Liberté sous les platanes.
📅 Saints du jour : 16 juin
Saint Cyr et sainte Julitte appartiennent à l’ancienne tradition des martyrs chrétiens d’Orient.
Julitte aurait été une chrétienne de l’Asie Mineure, mère d’un très jeune garçon nommé Cyr. Selon la tradition hagiographique, tous deux auraient été arrêtés pendant les persécutions du début du IVᵉ siècle. Cyr, âgé de seulement quelques années, aurait été tué sous les yeux de sa mère, avant que Julitte ne soit elle-même exécutée après avoir refusé de sacrifier aux dieux païens.
Leur martyre est traditionnellement situé vers 304, à l’époque de Dioclétien. Le détail des supplices appartient à des récits hagiographiques tardifs, mais leur culte est très ancien et se diffuse largement en Orient puis en Occident. L’Église catholique les fête ensemble le 16 juin.
À Saint-Cyr-sur-Mer, le lien avec les deux martyrs est explicite : l’église paroissiale est placée sous le vocable de Saint-Cyr et Sainte-Julitte, et le nom médiéval Sanctus Syrius désigne déjà le petit hameau qui deviendra la commune actuelle. Les documents municipaux identifient précisément ce Cyr comme le fils de sainte Julitte.
🌿 Resumit en prouvençau
Sant-Ceri de la Mar porto lou noum d’un enfant martir, sant Ceri, tua au coumençamen dóu siècle IV emé sa maire santo Julito.
Mai lou païs es fòrça pus ancian que lou vilage. A la Madrago, li Rouman bastiguèron au siècle I uno grando villa maritima. Li rouino de Tauroentum nous mostron encaro de mosaïco, d’amforo e la vido d’un doumaine riche vira vers la mar e lou vin.
Au siècle X, Sant-Ceri fasié partido dóu terraire de la Cadiero. En 966, de terro passèron ai mouine de Sant-Vitour de Marsiho. Lou vilage demorè longtemps pichot, tandis que lei Lecquo e la Madrago vivien de la mar, de la terro e dóu negòci.
En 1825, Carle X separè Sant-Ceri de la Cadiero. Lou trin arribè en 1859 e partiguèron alor vers Marsiho e l’Europo li barrico de vin, li flour e li proudu de la campagno.
En 1913, uno pichoto Estàtua de la Libertat, signado Bartholdi, fuguè instalado sus la plaço Portalis pèr celebra l’arribado de l’aigo.
Vuei, entre lei vigno de Bandòu, lei plajo dei Lecquo, lou port de la Madrago e la calanco de Port d’Alon, Sant-Ceri gardo uno identita raro : un vilage prouvençau que regardo francamen la mar.
📝 Article
À Saint-Cyr-sur-Mer, trois Provence se rencontrent.
Il y a d’abord la Provence antique, celle des villas romaines installées face à la Méditerranée.
Puis la Provence rurale, avec ses vignes, ses bastides et ses chemins descendant vers la mer.
Enfin, il y a la Provence balnéaire, celle des Lecques, de la Madrague et des familles qui viennent chercher le soleil sur une longue plage de sable.
Et au milieu de tout cela, presque discrètement, demeure un nom venu du christianisme oriental :
Cyr.
Un enfant martyrisé avec sa mère il y a plus de dix-sept siècles.
Avant Saint-Cyr, les hommes vivaient déjà face à la baie
Le territoire est occupé depuis très longtemps.
Le rapport historique communal mentionne des traces néolithiques autour de la Madrague, avec des silex et des fragments de poteries qui témoignent d’une occupation sédentaire plusieurs millénaires avant notre ère.
Puis apparaissent les populations ligures.
Les échanges avec les Grecs.
Enfin les Romains.
Mais c’est précisément ici qu’il faut éviter de transformer une vieille légende locale en certitude archéologique.
Pendant longtemps, on a raconté qu’une cité grecque appelée Taurois, puis Tauroentum, aurait occupé ce littoral avant de disparaître brutalement.
Le dossier municipal lui-même reste prudent : les historiens n’ont pas établi avec certitude l’existence de cette escale grecque telle que la tradition l’a racontée.
En revanche, la présence romaine, elle, ne fait aucun doute.
🏛️ Tauroentum : la villa qui regarde toujours la mer
À la Madrague subsistent les vestiges d’une importante villa maritima romaine, occupée notamment aux Ier et IIᵉ siècles.
Le site archéologique est aujourd’hui connu sous le nom de Tauroentum.
L’État le protège depuis 1926 sous la dénomination d’« Enclos de la Madrague », avec la prudente précision « ancienne cité romaine présumée Tauroentum ».
Le musée actuel est construit directement sur les vestiges.
On y découvre des mosaïques, des amphores, des monnaies, du verre, des éléments architecturaux et différents objets de la vie quotidienne.
Ce n’était pas une maison de vacances au sens moderne.
Une grande villa romaine était également une exploitation économique.
On y produisait.
On stockait.
On commerçait.
Et ici, la proximité immédiate de la mer permettait naturellement l’expédition des productions.
🍷 Le vin était déjà tourné vers la Méditerranée
Les fouilles et les vestiges d’amphores rappellent l’importance ancienne de la viticulture.
Le rapport communal présente le secteur antique comme un territoire de production et d’échanges où la culture de la vigne occupe déjà une place significative.
Voilà un joli fil historique.
Deux mille ans plus tard, Saint-Cyr-sur-Mer appartient encore à un terroir viticole majeur.
Les cépages ont changé.
Les méthodes ont changé.
Les marchés ont changé.
Mais les vignes sont toujours là.
Et Tauroentum aurait disparu dans la mer ?
La tradition locale a longtemps raconté qu’un cataclysme aurait détruit au IIIᵉ siècle une partie de la cité antique.
Le récit municipal ancien reprend encore cette hypothèse d’un effondrement dans la zone du Plan de la Mer.
Il faut toutefois distinguer le patrimoine matériel de l’interprétation légendaire.
La villa romaine est réelle.
Les vestiges sont réels.
Les installations maritimes antiques sont réelles.
Une grande ville engloutie par une catastrophe unique est beaucoup plus difficile à démontrer.
Cela n’enlève rien au charme du récit.
Mais Tauroentum est plus intéressant encore lorsque l’on accepte ce que l’archéologie nous donne réellement, plutôt que de lui demander d’illustrer à tout prix une légende.
🏔️ Quand les habitants remontent vers les terres
Après l’Antiquité, les siècles deviennent plus obscurs.
Les populations littorales subissent les grandes transformations de la fin de l’Empire romain, puis l’insécurité du haut Moyen Âge.
Le rapport communal explique qu’une partie des habitants se rapproche alors des hauteurs de La Cadière, désignée sous la forme Cathédra.
C’est important pour comprendre Saint-Cyr.
Pendant plusieurs siècles, la future commune ne constitue pas véritablement un centre autonome.
Son histoire est étroitement mêlée à celle de La Cadière.
Sanctus Syrius apparaît dans le paysage
Au Xe siècle, le territoire de La Cadière comprend plusieurs lieux distincts.
Parmi eux :
Bendorium, futur Bandol.
Et :
Sanctus Syrius, futur Saint-Cyr.
Le nom est donc déjà chrétien.
Il renvoie à saint Cyr, le jeune martyr fêté avec sa mère Julitte.
Un enfant mort en Cilicie devient ainsi, plusieurs siècles plus tard, le patron d’un petit terroir du littoral provençal.
⛪ 966 : Saint-Victor arrive encore
Comme souvent lorsque l’on parcourt l’histoire médiévale de Provence, on retrouve les moines de Saint-Victor de Marseille.
En 966, des terres du secteur leur sont données.
Ce lien mérite d’être souligné.
L’abbaye marseillaise ne possédait pas seulement des terres autour du Vieux-Port.
Son réseau s’étendait très largement à travers la Provence.
Saint-Cyr appartient donc à cette géographie monastique dans laquelle une grande abbaye contribue à organiser terres, chapelles, cultures et revenus très loin de ses propres murailles.
Une chapelle avant une paroisse
La paroisse actuelle conserve la mémoire d’une ancienne chapelle Saint-Cyr.
Le plus ancien document cité par la paroisse date de 1361 : Guillaume Vassal, bourgeois de La Cadière, lègue alors de l’huile à la chapelle de Saint-Cyr, desservie par un ermite.
Le détail est magnifique.
Avant d’avoir une grande église, Saint-Cyr possède un ermitage.
Et un homme décide de lui donner de l’huile.
Pourquoi ?
Pour entretenir la lumière.
Les vieilles églises dépendaient aussi de gestes extrêmement concrets.
Sans huile, pas de lampe.
Sans lampe, pas de lumière devant l’autel.
Mgr de Belsunce intervient à Saint-Cyr
Au début du XVIIIᵉ siècle, Saint-Cyr dépend toujours de La Cadière.
Un prêtre vient y célébrer la messe les dimanches et jours de fête.
Puis, en 1725, la chapelle est élevée au rang d’église vicariale par Mgr Henri de Belsunce, évêque de Marseille, figure devenue célèbre quelques années auparavant pendant la peste de 1720.
La petite communauté gagne peu à peu en autonomie religieuse.
Mais il faudra encore attendre avant l’autonomie civile.
1835 : le choléra et sainte Julitte
L’une des traditions locales les plus fortes concerne l’épidémie de choléra de 1835.
Selon la mémoire paroissiale, une procession de pénitence est organisée le 29 août.
Les habitants invoquent particulièrement sainte Julitte.
L’épidémie cesse alors de frapper le village et la population attribue cette délivrance à son intercession. Une statue de la sainte est ensuite réalisée pour perpétuer le souvenir de l’événement.
C’est intéressant parce que la mère de Cyr ne disparaît pas derrière son fils.
La ville porte le nom de l’enfant.
Mais la paroisse honore les deux.
🏛️ 1825 : Saint-Cyr devient enfin une commune
Le grand tournant administratif arrive le 6 juillet 1825.
Par ordonnance du roi Charles X, les hameaux de Saint-Cyr et des Lecques sont détachés de La Cadière.
La nouvelle commune compte alors environ 1 300 habitants.
Les Lecques ne possèdent encore qu’une trentaine de bâtiments.
La Madrague seulement quelques-uns.
Autrement dit, la grande station littorale actuelle n’existe pas encore.
Le cœur du pays reste agricole.
Saint-Cyr est d’abord une commune de vignes et de bastides.
La ville a d’ailleurs célébré son bicentenaire en 2025, deux cents ans après cette séparation.
1838 : Saint-Cyr veut déjà être « sur Mer »
Quelques années après son indépendance, le nom évolue.
En 1838, on rencontre la forme :
Saint-Cyr-sur-Mer de Provence.
Puis le 21 octobre 1907, un décret présidentiel fixe officiellement :
Saint-Cyr-sur-Mer.
Le complément « sur-Mer » n’est pas anodin.
Le vieux village est légèrement en retrait du rivage.
Mais la commune a compris que son avenir dépendrait de plus en plus de la Méditerranée.
⛪ Une nouvelle église pour une commune nouvelle
L’église ancienne devient progressivement trop petite.
En 1857, on pose la première pierre d’un nouvel édifice.
L’église actuelle est achevée en 1864.
La grande statue de saint Cyr dominant l’église est installée quelques années plus tard, en 1867.
La paroisse prend donc presque sa forme actuelle au moment même où la commune entre dans la modernité.
Et cette modernité arrive bientôt sur des rails.
🚂 1859 : le train ouvre le village
La gare est inaugurée le 18 mai 1859.
L’arrivée du chemin de fer change profondément l’économie locale.
Avant lui, les productions doivent rejoindre Marseille ou Toulon par la route ou par mer.
Désormais, on charge directement les wagons.
Vin.
Bois.
Primeurs.
Fleurs.
Le rapport communal évoque même des « trains des fleurs », chargés notamment d’immortelles destinées aux marchés européens.
Le village agricole entre dans les circuits commerciaux modernes.
🍾 « Saint-Cyr les bonbonnes »
Le surnom est savoureux :
Saint-Cyr les bonbonnes.
Il vient des importantes quantités de vin expédiées par train.
Les récipients partent vers Marseille, Toulon et au-delà.
Le chemin de fer permet donc à la vigne locale de sortir beaucoup plus facilement du terroir.
Mais il produit aussi l’effet inverse.
Il fait venir des visiteurs.
Les Marseillais découvrent les Lecques
Le train n’emporte pas seulement les récoltes.
Il amène également des citadins.
Les Marseillais viennent aux Lecques pour :
se baigner,
pêcher,
passer la journée,
respirer loin de la ville.
C’est le début d’une transformation majeure.
Pendant des siècles, le littoral était un lieu de travail et parfois de danger.
À partir du XIXᵉ siècle, il devient progressivement aussi un espace de loisirs.
La mer change de valeur.
🌊 Les Lecques deviennent la grande fenêtre maritime
Aujourd’hui, les Lecques représentent la partie la plus connue de Saint-Cyr-sur-Mer.
La grande plage s’étend sur environ 1,5 kilomètre.
À une extrémité se trouvent les ports et le front de mer.
À l’autre, le paysage rejoint progressivement les reliefs et la côte rocheuse.
Mais il ne faut pas imaginer qu’il s’agisse d’un simple quartier touristique créé de toutes pièces.
Les Lecques existaient déjà comme hameau lorsque Saint-Cyr devint indépendante en 1825.
Le tourisme a amplifié le lieu.
Il ne l’a pas inventé.
⚓ La Madrague : le petit port qui conserve une autre échelle
Plus à l’est, La Madrague possède un visage différent.
Petit port.
Petite plage.
Maisons serrées autour du rivage.
Départ du sentier littoral.
Le quartier paraît presque être un village dans la ville.
Et juste au-dessus se trouve le patrimoine romain de Tauroentum.
Ici, en quelques centaines de mètres, on passe donc :
d’une villa romaine,
à un petit port méditerranéen,
puis à un sentier naturel.
C’est probablement l’un des meilleurs résumés géographiques de Saint-Cyr.
🌲 Port d’Alon : quand la côte redevient sauvage
Depuis la Madrague, le sentier du littoral se poursuit en direction de Bandol.
Il longe :
pinèdes,
falaises,
criques,
et petites plages.
La calanque de Port d’Alon constitue l’un des grands paysages naturels du secteur. Le littoral est en partie protégé et relié à Bandol par plusieurs kilomètres de sentier.
Saint-Cyr n’est donc pas seulement une plage.
Le territoire permet de passer très rapidement d’un espace balnéaire dense à un littoral beaucoup plus minéral et végétal.
🍇 Saint-Cyr est aussi un pays de Bandol
Il faut maintenant revenir dans les terres.
Car Saint-Cyr-sur-Mer appartient au terroir de l’AOC Bandol, créée en 1941.
L’aire d’appellation s’étend notamment sur Bandol, Saint-Cyr, La Cadière-d’Azur, Le Castellet, Le Beausset et Sanary.
Le cépage emblématique est le mourvèdre.
Il aime ici :
la chaleur,
les sols pierreux,
le mistral,
et surtout cette proximité de la Méditerranée qui tempère les températures.
Une partie essentielle du paysage de Saint-Cyr reste donc agricole.
Même si les villas et les lotissements se sont multipliés.
🏡 Château Pradeaux et la famille Portalis
Parmi les domaines les plus intéressants figure le Château Pradeaux.
Le domaine entre dans la famille Portalis au XVIIIᵉ siècle et est associé à Jean-Étienne-Marie Portalis, l’un des grands juristes du Consulat, co-rédacteur du Code civil et artisan du Concordat de 1801.
Aujourd’hui encore, Château Pradeaux reste profondément associé au mourvèdre et à l’appellation Bandol.
C’est un beau raccourci historique.
À Saint-Cyr, le même nom Portalis relie :
le droit français,
une bastide,
des vignes,
et la place centrale du village.
🗽 Et soudain, la Statue de la Liberté
Voici maintenant la curiosité la plus inattendue.
Au centre de Saint-Cyr-sur-Mer, place Portalis, se dresse une réplique de la Statue de la Liberté.
Elle mesure environ 2,50 mètres.
Elle porte la signature de Frédéric Auguste Bartholdi.
Et elle est inaugurée en 1913.
Mais pourquoi installer la Liberté au milieu d’un village provençal ?
Pour célébrer une révolution beaucoup moins spectaculaire que celle des États-Unis :
l’arrivée de l’eau.
💧 La Liberté célèbre l’adduction d’eau
La statue est offerte par Anatole Ducros, riche propriétaire saint-cyrien.
Elle commémore l’achèvement des travaux d’adduction d’eau de la commune.
Voilà qui est assez merveilleux.
À New York, la Liberté accueille les migrants arrivant par l’Atlantique.
À Saint-Cyr, sa petite sœur célèbre l’eau courante.
Et au fond, les habitants de 1913 auraient probablement considéré l’arrivée régulière d’eau potable comme une liberté extrêmement concrète.
Trois centres, une seule commune
Saint-Cyr-sur-Mer n’est pas organisée autour d’un seul noyau.
L’étude architecturale communale distingue clairement :
le village ancien,
les Lecques,
la Madrague.
Entre eux se sont développés :
villas,
jardins,
petits immeubles,
bastides,
vignes.
Cette organisation donne à la commune son caractère particulier.
Elle n’est ni complètement village.
Ni complètement station balnéaire.
Ni complètement territoire viticole.
Elle est les trois à la fois.
👀 Ce qu’il faut regarder à Saint-Cyr-sur-Mer
🏛️ Le musée de Tauroentum
Il faut commencer par les mosaïques et les vestiges de la villa romaine. Ils permettent de comprendre que la relation entre Saint-Cyr, la mer et le vin existait bien avant le village moderne.
⛪ L’église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte
L’église actuelle date principalement du XIXᵉ siècle, mais elle perpétue un culte attesté localement depuis le Moyen Âge.
👦 La statue de saint Cyr
Placée au-dessus de l’église depuis 1867, elle rappelle que la ville doit son nom à un enfant martyr.
🗽 La Statue de la Liberté
Une petite Bartholdi dorée au milieu des platanes provençaux. Rien que pour ce contraste, elle mérite le détour.
🌳 La place Portalis
C’est le cœur du vieux village, avec ses terrasses et ses platanes.
🌊 Les Lecques
Pour comprendre la naissance de la Saint-Cyr balnéaire et la transformation du littoral par le tourisme.
⚓ La Madrague
Un petit port beaucoup plus intime, immédiatement lié au patrimoine antique et au sentier côtier.
🌲 Le sentier du littoral
Il mène vers Port d’Alon et montre l’autre visage du territoire, celui des falaises, des pins et des calanques.
🍇 Les vignobles
Ils rappellent que Saint-Cyr appartient pleinement au terroir de Bandol et que le paysage agricole n’est pas un simple décor.
👤 Personnalités et figures liées à Saint-Cyr-sur-Mer
✝️ Saint Cyr
Enfant martyr du début du IVᵉ siècle. Son culte a donné son nom au hameau médiéval puis à la commune.
✝️ Sainte Julitte
Mère de Cyr et martyre avec lui. La tradition saint-cyrienne lui attribue une protection particulière lors du choléra de 1835.
⛪ Henri de Belsunce
Évêque de Marseille, il érige en 1725 la chapelle de Saint-Cyr en église vicariale.
👑 Charles X
L’ordonnance royale du 6 juillet 1825 détache Saint-Cyr et les Lecques de La Cadière et crée la commune indépendante.
⚖️ Jean-Étienne-Marie Portalis
Grand juriste français associé au domaine de Château Pradeaux et à une famille profondément implantée dans le terroir saint-cyrien.
🗽 Frédéric Auguste Bartholdi
Sa signature figure sur la petite Statue de la Liberté offerte à la ville en 1913.
💧 Anatole Ducros
Le propriétaire saint-cyrien qui offre la statue à la commune pour célébrer l’adduction d’eau.
🏛️ Note culturelle : un enfant d’Orient, une villa romaine et une Liberté américaine
Saint-Cyr-sur-Mer possède une étrange capacité à faire tenir ensemble des mondes très éloignés.
Un enfant martyrisé en Asie Mineure donne son nom au village.
Des Romains construisent une villa au bord de la mer.
Des moines de Saint-Victor possèdent des terres.
Un roi de France sépare le village de La Cadière.
Le train emporte des bonbonnes de vin et des wagons de fleurs.
Puis, un matin de 1913, une petite Statue de la Liberté apparaît sous les platanes.
Et pendant tout ce temps, les vignes continuent de pousser.
C’est peut-être cela qui résume le mieux Saint-Cyr.
Une commune officiellement jeune, née en 1825, mais installée sur un territoire dont l’histoire remonte à la Préhistoire.
Une station balnéaire dont l’économie a longtemps reposé sur la terre.
Une ville maritime dont le centre ancien n’est pas directement sur la plage.
Et une commune française portant toujours le nom d’un très jeune martyr oriental.
Saint-Cyr-sur-Mer est donc moins une station qu’un empilement de Provence.
Il suffit de savoir regarder sous la plage.
📚 Sources
Ville de Saint-Cyr-sur-Mer, histoire communale, évolution du territoire et des noms.
Paroisse Saint-Cyr-sur-Mer, histoire de l’église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte.
Ministère de la Culture, Enclos de la Madrague, site archéologique romain présumé Tauroentum.
Office de tourisme de Saint-Cyr-sur-Mer, musée gallo-romain de Tauroentum et Statue de la Liberté.
Bandol Tourisme, vignoble et Château Pradeaux.
Nominis et diocèses catholiques, saints Cyr et Julitte.
📚 Pour aller plus loin
⚓ Saint Tropez de Pise : le martyr qui donna son nom à un port
Saint-Cyr et Saint-Tropez ont en commun quelque chose de plus profond que le littoral varois : leur nom même conserve la mémoire d’un martyr chrétien venu d’ailleurs. Deux stations aujourd’hui tournées vers la mer dont le toponyme plonge dans l’Antiquité chrétienne.⚔️ Saints Flavien et Mandrier de Toulon : les soldats qui choisirent le Christ
En poursuivant vers Toulon, on retrouve une autre géographie chrétienne du littoral varois. Ici encore, les saints ont laissé leur trace jusque dans les noms de lieux, notamment à Saint-Mandrier-sur-Mer.Les Pennes-sur-Huveaune : le vestige gallo-romain
Après Tauroentum, cet ancien article permet de retrouver un autre morceau de Provence romaine presque caché dans le paysage contemporain. Deux monuments modestes qui rappellent que l’Antiquité n’est jamais très loin sous nos routes et nos villages.
💬 À Saint-Cyr-sur-Mer, qu’est-ce qui vous surprend le plus : Tauroentum, le culte de saint Cyr et sainte Julitte, les vignes de Bandol ou cette petite Statue de la Liberté installée sous les platanes ?
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