La Rose : là où commence le voyage

 

M1, station 1 : avant le métro, les sources, les maraîchers et le vieux tramway

Série : Marseille de station en station, ligne M1
Étape 1 : La Rose → Frais Vallon






Résumé en provençal

A La Roso, lou metrò de Marsiho pren sa partènço au pèd dei couelo. Avans lei ramos, aquest endré èra un païs d’aigo, de bastido e de jardinage. Lou Jarret, lei sourço e lei terro cultivado an fach viéure lou quartié pèr de sègle. En 1977, La Roso venguè uno dei porto nouvello de Marsiho, en devenènt lou terminus de la premièro ligno de metrò.

Terminus La Rose, tout le monde monte

Nous commençons notre traversée de Marseille là où les rails de la ligne 1 s'arrêtent encore aujourd'hui : La Rose, dans le 13e arrondissement.

La station est aérienne. Pour notre première étape, nous ne nous enfonçons donc pas immédiatement sous Marseille. Les quais dominent les rues, les rames repartent sur le viaduc et, derrière la station, les installations techniques rappellent que nous sommes bien au bout de la ligne.

La Rose appartient à l'histoire fondatrice du métro marseillais. Le premier tronçon de la ligne M1, entre La Rose et Saint-Charles, est mis en service le 26 novembre 1977. L'année suivante, la ligne atteint Castellane.

Mais La Rose avait déjà une vocation de terminus bien avant l'arrivée du métro. Au début du XXe siècle, le tramway électrique desservait le secteur.

Avant La Rose, les « Bonnes Eaux »

Pour comprendre le quartier, il faut oublier un instant les immeubles, les voitures et le métro.

Le secteur fut autrefois connu sous le nom d'Aquas Bonas, les « Bonnes Eaux ». Cette appellation correspondait à la géographie des lieux : sources, terrains irrigués et présence du Jarret, qui descend des hauteurs avant de traverser Marseille.

Quant au nom de La Rose, son origine n'est pas absolument certaine. Plusieurs traditions existent. Une ancienne bastide aurait pu porter ce nom. Une légende l'associe également aux roses du roi René. Faute de preuve définitive, mieux vaut conserver le mystère.

Une campagne marseillaise

La Rose fut longtemps bien plus proche d'un village agricole que du quartier urbain actuel.

La présence de l'eau favorisait le maraîchage et l'horticulture. Des bastides et des exploitations occupaient le terroir.

Cette histoire permet aussi de nuancer l'expression de « quartiers nord ». La Rose appartient au nord-est marseillais, tourné vers Les Olives, Château-Gombert, Plan-de-Cuques et le massif de l'Étoile.

À partir des années 1950 et surtout 1960, l'expansion démographique de Marseille entraîne la construction de nouveaux ensembles résidentiels. Les campagnes reculent et le quartier prend progressivement sa physionomie actuelle.

Quelques années plus tard, le métro arrive à son tour.

Le lieu insolite : retrouver le Jarret

À La Rose, l'un des lieux les plus intéressants n'est pas nécessairement un monument.

C'est le Jarret.

Ici, on comprend encore qu'avant d'être associé aux grands axes routiers marseillais, le Jarret était une véritable rivière qui structurait le terroir.

Autre curiosité : le chemin Notre-Dame-de-la-Consolation conserve le souvenir d'une ancienne chapelle dédiée à Notre-Dame Consolatrice des Affligés, construite au début du XVIe siècle.

Un simple nom de rue peut ainsi conserver plusieurs siècles d'histoire.

Des personnalités liées à La Rose

Le boxeur Louis Acariès est fortement associé au quartier. Né à Alger, il arrive enfant à Marseille et grandit à La Rose. Il devient champion de France puis champion d'Europe avant de poursuivre une importante carrière dans le monde de la boxe.

Philippe Vignolo, plus connu sous le pseudonyme de Philousports, passa également une partie de son enfance à La Rose.

Le graffeur marseillais Veter, Sébastien Martinez, a lui aussi grandi dans le quartier. Il y découvre le dessin avant de se tourner vers le graffiti et la culture hip-hop.

De la campagne marseillaise aux cultures urbaines, La Rose résume plusieurs époques de la ville.

À voir autour de la station

L'intérêt de La Rose réside beaucoup dans les traces de son ancien paysage : le Jarret, les vieux chemins, les directions vers Château-Gombert et Les Olives, ainsi que le contraste entre les anciens secteurs et les constructions du XXe siècle.

La station elle-même mérite d'être observée. Son viaduc et ses infrastructures sont entièrement intégrés au paysage.

Son nom actuel, La Rose - Technopôle de Château-Gombert, résume presque à lui seul l'évolution du territoire : le vieux quartier, la tradition villageoise et la Marseille scientifique et technologique contemporaine.

Note culturelle

La Rose constitue un excellent point de départ pour parcourir Marseille en métro.

Elle rappelle que Marseille n'est pas seulement une ville partie du Vieux-Port pour s'étendre autour de la mer. Elle possédait également un immense terroir intérieur, constitué de villages, bastides, campagnes, ruisseaux et terres agricoles.

Notre voyage sur la ligne 1 va montrer comment toutes ces Marseille ont fini par se rejoindre.

Prochaine station : Frais Vallon

Nous montons dans la rame.

Le métro quitte La Rose et s'engage sur le viaduc.

À peine partis, le paysage change déjà. À Frais Vallon, nous entrerons dans une autre histoire : celle des grands ensembles marseillais et d'un vallon dont le nom existait bien avant les tours.

Pour aller plus loin

Château-Gombert ou le « village » gardien de la culture et de la tradition provençale à Marseille

Sources

RTM, histoire du réseau marseillais

Office de tourisme de Marseille, La Rose

Ville de Marseille, découverte du 13e arrondissement



Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Marseille 2026 : la campagne commence avant l’heure

⚔️ Saints Flavien et Mandrier de Toulon : les soldats qui choisirent le Christ

Saint Basile d’Aix : l’évêque qui assura la continuité après Rome